Hors champ
Nouvel échec. Je reste hermétique à l’œuvre de Marie-Hélène Lafon. Sa prose ne m’émeut (meuh) pas. À me demander si son soi-disant génie m’est inaccessible ou si je traverse un épisode dépressif.
Je n’apprécie pas son style, naïf et contemplatif, comme si le livre avait été écrit dans un français qui sied aux apprenants débutants. Il y a ces répétitions des prénoms à tout bout de champ qui donnent le sentiment de participer à une kermesse (p18), cette académique manie de rester dans le cadre, cette glorification assumée des non-dits et des taiseux.
On me parle d’une auteure capable d’installer une atmosphère incroyable. Je la cherche encore. Le mufle fumant des bovins, l’odeur de paille et de fumier, le silence contrit du fermier fataliste… c’est comme si on m’avait téléportée dans une crèche sans me prévenir.
Les personnages m’ont laissée indifférente, que ce soient le frère mal dans sa peau de lapin ou la sœur, ombre fuyante qui passe à la surface des êtres et des choses. Encore une famille dysfonctionnelle, version campagnarde, que le devoir et le quotidien sédimentent.
J’entends l’halali : vous n’avez aucune empathie, vous ne comprenez rien au drame qui se joue, à l’étranglement progressif du monde agricole. Bien sûr que si, mais par comparaison, le film « Au nom de la terre » avec Guillaume Canet m’avait bouleversée. La misère paysanne y était poignante. La fiction portait le message, amplifiait la détresse avec justesse.
Je ne lirai plus Marie-Hélène Lafon, j’abandonne. Je suis curieuse, ouvrez-moi les yeux, expliquez-moi pourquoi vous l’aimez autant.
Appréciation : 🔪




