Appel manqué

Appel manqué

Par le monologue débridé de sa mère, Carole Fives montre avec tendresse combien nos anciens sont sujets à la solitude et au désespoir. Nous devons composer avec leurs angoisses et devenons, de facto, les parents de nos parents (pages 16 et 78). Pour ne rien arranger, la mère de l’auteure est bipolaire et passe donc d’un état d’exaltation à un épisode dépressif en quelques jours.

Chaque coup de téléphone expose les maux d’un troisième âge déstabilisé par la transformation numérique. Nous avons tous assisté à la détresse de ces petits vieux échoués à l’accueil d’Orange parce qu’ils avaient perdu leurs codes ou leurs identifiants. Nous avons tous une grand-mère arnaquée sur Internet ou paniquée parce que le seul rendez-vous possible sur Doctolib est dans quatre mois.

Le procédé narratif fonctionne, le titre est bien trouvé, les pointes d’humour ne manquent pas mais l’ensemble est répétitif. À l’exception peut-être des interactions avec les voisines féministes (dont l’identité n’est pas choisie par hasard), les malheurs du chien Bistouri ou les facéties des amies de la mamie m’ont vite lassée. La maladie chronique d’un clébard (alter-ego de sa maîtresse) ne suffit pas à installer une tension narrative. Un petit roman trop autocentré, trop post-COVID, trop opportuniste. Vite lu, vite oublié.

Par comparaison, j’ai eu la chance d’aller voir le dernier spectacle d’Alex Lutz qui aborde aussi la thématique du déclin d’un parent. C’était autrement plus drôle et poétique (je me réfère à ses textes).

Appréciation : 🔪

Combats de filles

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