Combats de filles
« Quatre boules de cuir tournent dans la lumière, de ton œil électrique, boxe, boxe, ô déesse de pierre… » Elles sont huit à monter sur le ring, à se cogner tout en voyant leurs vies potentielles défiler dans les pupilles de leurs opposantes. Malheur aux vaincues ? Par sûr. Dans le roman de Rita Bullwinkel, il semble que les perdantes ont gagné leur passeport pour la vraie vie, pas celle qui consiste à se faire défigurer pour satisfaire leurs entraîneurs (« ils ne servent à rien, ils sont comme des grands frères défoncés que leurs parents auraient payés pour les surveiller pendant une boum ») leurs familles ou le mec qu’elle convoite depuis le primaire et qui n’a pas daigné assister au spectacle.
La forme narrative est originale, une espèce de roman choral, sept combats pendant lesquels l’auteure passe alternativement d’une adversaire à l’autre, profitant des coups reçus ou donnés pour nous compter leurs drames intimes (ex. p40), leurs espoirs et leurs illusions.
Pour autant, le récit devient répétitif, et ennuyeux. On s’y perd entre ces filles qui, malgré tous les efforts de l’auteure, se ressemblent dans la trajectoire de leurs poings comme dans celle de leurs existences. C’est la lassitude qui gagne par K.O. : elles se tapent et on finit par s’en taper.
Appréciation : 🌹




