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La méthode

La méthode

L’empire ottoman se délite et ses dirigeants n’ont qu’une obsession : lui conserver son lustre, le faire encore vibrer dans le grand concert des nations qui, sous peu, se transformera en cacophonie macabre. Alors évidemment, les 100000 chiens errants de Constantinople font désordre. Débarrassez-nous de cette vermine, il ne manquerait plus qu’un dignitaire occidental se fasse mordre au coin de la rue. On perdrait la face.

Paul est un jeune docteur qui travaille aux côtés de l’illustre Louis Pasteur. Il voit dans sa mutation en Turquie l’occasion de faire décoller sa carrière d’épidémiologiste spécialisé dans les questions rabiques. Très vite, on l’informe que le grand souci, c’est la prolifération canine.

Alors il propose une méthode (p149), quelque chose de systématique qui prend en compte l’animal, cet être vivant qui ne sait pas ce qu’est le mal et ne se méfie jamais assez des hommes (p108). Une méthode bien réfléchie qui malheureusement déplaît aux dirigeants turcs. À leur tête, le ministre de l’Intérieur, Talaat Pacha, l’homme qui ne regarde jamais personne en face, prend ombrage de cette solution qui vient de l’étranger. Non, ils feront à leur manière (éprouvantes pages 200 et 228).

Le livre est bien écrit, documenté et on ne s’ennuie jamais. Merci à David Djaïz. Grâce à lui, j’en ai appris un peu plus sur l’institut Pasteur à ses débuts (pages 34, 126) et sur les infâmes opérations qui ont maudit pour toujours la petite île d’Oxia.

On l’aura compris, l’élimination des chiens d’Istanbul a servi de laboratoire aux pires abominations du XXe siècle parce qu’au fait, Talaat Pacha, c’est lui qui a orchestré le génocide arménien.

Appréciation : 🌹 🌹

La guerre éternelle

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