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Stay free

Un récit poussif de boomer.

Si Patrice Jean m’avait comblée avec La vie des spectres, parvenant à jeter un regard lucide et pertinent sur les dérives de notre société contemporaine sans tomber dans le « c’était mieux avant », son Stay Free, par comparaison, dégouline de la nostalgie pour les années 80.

Il a réuni sa pile de vinyles, sa collection de cassettes VHS, ses souvenirs de puceau et nous a bricolé une histoire d’initiation cul-turelle, mille fois lue sous des plumes plus alertes.
Martial verra-t-il le minou d’Isabelle sachant que celui de Samia la cinéphile est plus accessible ? Ou, pour être elliptique : quand est-ce que je baise ? (Réponse : p. 284). Cette obsession offre le prétexte à une débauche de références (musique punk-rock et cinéma), aux regrets non dissimulés d’une époque où la fracture sociale se résumait à une lutte des classes en velours côtelé, où les jeunes filles consentaient à se faire draguer à l’envi.
Le récit s’étire entre séances d’onanisme (p. 60), concerts balbutiants (même le nom du groupe, « Divin Suicide », est cliché), arrangements philosophiques et petites indignations de bourgeois sous cloche.

370 pages d’une longueur infinie où Patrice Jean nous déballe son panthéon de la culture et du bon goût. Je ne m’attendais pas à ce qu’il use autant du roman pour jouer les curateurs de la FNAC.

Quant à la grande démonstration du livre - loués soient les hommes qui fuient les compromis et le capitalisme -, le final exagéré peine à la valider.

Je retiens quand même les pages consacrées au plaisir (p. 21), à cet improbable exposé intitulé « Hamlet est-il un disciple des Sex Pistols ? » (P. 156) et à la recette pour guérir de l’amour (p. 304).

Appréciation : 🔪

Rochebrune

Rochebrune