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La guerre éternelle

La guerre éternelle

Troie, la mère de toutes les villes détruites, la mère de toutes les guerres : « elle n’est si belle que parce qu’elle va être saccagée, c’est la proximité du désastre qui exalte sa splendeur, en elle se concentre toute la crainte que nous éprouvons pour la fragilité de la Beauté, la versatilité de la Fortune ».

Thucydide faisait de l’histoire un éternel recommencement et Mark Twain, moins catégorique, affirmait : « l’histoire ne se répète pas mais elle rime ».

C’est la conviction d’Olivier Rolin qui se promène à travers les siècles, montre que l’ilioupersis (la prise de Troie par les achéens) annonce ou même inspire d’autres mises à sac d’envergure (p37), de Carthage mille ans plus tard, jusqu’à des désastres plus récents (Guernica, Nankin, Hiroshima, Dresde, Srebrenica, Marioupol, Gaza).

On a reproché à Nolan de faire d’Ulysse un homme (pas un héros puisqu’il est aidé des dieux) pétri de regrets, prenant conscience d’avoir précipité la disparition d’une civilisation. Ce n’était pas inintéressant. Rollin rappelle en effet que Scipion a pleuré Carthage, se demandant quand viendrait le tour de Rome. Les puissances n’apprennent-elles donc jamais ?

Un livre aux facettes multiples qui tient davantage de l’essai que du roman par l’évocation des guerres, de l’Iliade, de la recherche du site archéologique de Troie et de ceux qui l’ont menée (à noter les passionnants récits de l’obsédante quête des aventuriers Jean-Baptiste Le Chevalier et Heinrich Schliemann).

J’ai aimé ce voyage en mythologie grecque. J’ai redécouvert Ajax, Achille et l’infâme Ulysse, personnage cruel et rusé qui ne lésinait pas sur les féminicides (p79). Je me suis quelquefois perdue, désorientée par l’abondance des références et la pensée vibrionnante de l’auteur.

Appréciation :🌹🌹

Mon oeil

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