Roman national

Roman national

Si vous êtes un garçon, que vous aimez la baston et que vous avez des origines corses, alors oui, ce roman vous comblera.

Marc Biancarelli a un talent indéniable pour décrire le chaos des batailles. Avec force et réalisme, il place le lecteur au cœur de la mêlée (pages 34, 65, 118). La cruauté des combats vous prend les tripes. Les armes s’abattent, le sang gicle, les corps vacillent mais on ne meurt pas en vain. C’est au prix de souffrances infinies que la liberté se gagne, pourvu que l’Histoire en retienne l’issue.

L’auteur est le dépositaire de l’autonomie corse, de l’épopée de ces tribus mal attifées qui, unifiées devant l’ennemi génois, ont scellé l’indépendance d’un bout de terre malmené (p32) depuis la nuit des temps. La peur de l’envahisseur et la nécessité de s’entendre alors qu’on s’est entretué la veille sont les thèmes récurrents de ce livre dont l’ambition est – parfois didactique – de résumer l’âme du peuple corse et son ancestrale méfiance à l’égard des étrangers.

Dans ce tumulte nationaliste, l’idylle de Fioravante et de Catalina (l’innocente bergère, caution féministe) apparaît secondaire, comme un habile subterfuge pour retenir le lecteur, souvent perdu dans des références historiques, patronymiques et géographiques qui n’intéresseront que les régionaux de l’étape. On pardonnera davantage les passages en langue originale parce qu’elle est « l’inaltérable foyer de toute résistance, parce que forte d’une transcendance immaîtrisable, parce qu’abreuvées des caresses maternelles ».

Dans ce récit désordonné, aux accents académiques, je n’ai pas retrouvé la candeur, le souffle épique d’Orphelins de Dieu, que j’avais tant aimé.

Appréciation : 🌹

 

 

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