Dernières nouvelles d'Éros

Dernières nouvelles d'Éros

J’ai choisi ce recueil de nouvelles érotiques parce qu’il rassemble des auteurs que je suis attentivement depuis sept ans.
Dans ses « préliminaires », Oliviez Guez avertit : leur érotisme se nourrit de leurs expériences et de leurs obsessions. À ce petit jeu, les plus mauvais ne dépassent pas leur nombril, alors que les meilleurs parviennent à nous embarquer dans leurs univers.

Une nouvelle érotique réussie tient autant à l’expression du désir, à son assouvissement qu’à l’atmosphère qui l’entoure. C’est plus subtil que le frottement des muqueuses. Je retiens un autre critère de succès : une tension, un cadre restrictif, un interdit à braver, une contrainte majeure qui donne aux ébats un caractère extraordinaire (la dureté des lois chez Daoud, le confinement chez Guez, le fascisme chez Mirwais, la maladie chez Teillard). Et puis toujours, Thanatos qui rôde…

L’érotisme oblige les auteurs à se mettre à nu. Ils ne peuvent rien dissimuler. J’ai retrouvé avec amusement leurs marottes : le pur-sang persan chez Chemla, l’œnologie chez Désérable, la honte chez Slimani.

Alors, mon verdict.

Les plus insignifiants parce qu’insipides ? Anne Berest qui se satisfait d’un touche pipi pathétique. Foenkinos qui patauge dans son conformisme bourgeois de mauvais goût.

Les plus talentueuses parce que les seules à prendre des risques ? Abnousse Shalmani qui théorise l’entremêlement furieux des corps. Esther Teillard qui pousse la porte du tabou, examine le rituel, ose la nécrose.

Appréciation : 🌹

Solo tu

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