Solo tu

Solo tu

Les scènes inaugurales font penser à « La Grande Bellezza » de Paolo Sorrentino. Gianni est une institution, un pilier du Piper (p44, 157), mais avec le poids des années, son ivresse a perdu de sa superbe. Au coin du bar, on le tolère plus qu’on ne l’attend. Au cours d’une nuit dissolue dans la moiteur de Rome, il fait la connaissance de Carmela et du petit Giacomo que son père musicien a délaissé.

Gianni broie du noir au souvenir de la chanteuse Nico et s’il continue ainsi, il finira comme Pasolini. « Viens nous rendre visite », lui propose Carmela. La lumière vive des stroboscopes fait place à celle, blanche et crue, du soleil des Pouilles. A Polignano a mare, il réapprend à se lever de bon matin, à goûter la simplicité d’une bruschetta, à redécouvrir la littérature auprès de son nouvel ami libraire, Corrado (p115).

Attention, il ne s’agit pas d’un énième « Mange, prie, aime » (épouvantable bouquin). Parce que Gianni n’a pas de religion, qu’il ne sera pas l’amant de Carmela (quelle bonne idée de ne pas les accoupler) et que non, un plat de spaghetti aux palourdes, aussi délicieux soit-il, n’a jamais guéri une dépression.

Philippe Fusaro abuse un peu des mots italiens (quand on a vélo, pourquoi écrire bici ?) On lui pardonne car, contrairement à la plupart des auteurs français, il ne fait pas de faute d’orthographe.

« Solo tu » est nostalgique comme une chanson d’Ornella Vanoni, doux-amer comme un spritz, pétillant comme le titre éponyme des Matia Bazar.

Appréciation : 🌹🌹

Atelier 4

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