Miss Islande
Hekla et Jòn John ont en commun d’être rejetés par leur île et leur époque (les années soixante), victimes de leur anticonformisme. Hekla porte un nom de volcan et bouillonne de l’intérieur. Sa beauté la prédestine aux magazines de mode. Elle refuse d’être traitée comme un objet, malmenée par les vieux clients de l’hôtels où elle fait la serveuse. L’un d’entre eux insiste pour la voir concourir à Miss Islande. Hors de question. Sa meilleure arme reste la machine à écrire, une vieille Remington dont le bruit des touches indispose la voisine. Hekla a du talent (« Tes pages sont traversées par les torrents impétueux et dévastateurs de la vie ») mais se voit contrainte de publier sous des pseudonymes masculins qui ravissent la société des poètes en herbe.
Jòn John est né d’une union illégitime. Il semble que depuis sa naissance, les fées du nord ne se soient jamais posées sur son berceau (p57). Parce qu’il préfère les hommes, il subit les pires avanies (p50), sur les vieux rafiots qui partent en mer, dans les bars où il risque de se faire embarquer. Il ne trouve le répit qu’avec sa machine à coudre, en confectionnant des robes pour Hekla.
Cette histoire raconte leur amitié mais aussi leurs renoncements. Jòn John ne supporte plus le poids de son orientation sexuelle et finit par céder aux conventions : il épouse son amie pour sauver les apparences. Hekla ne réalisera pas ses rêves en tant que femme, préférant que son ancien petit ami, un écrivain raté, s’arroge le droit de publier son manuscrit sous son nom.
Un roman dont les problématiques ne sont pas nouvelles mais auquel la prose de l’auteure et la rudesse de l’Islande donnent une texture particulière.
Appréciation :🌹🌹




