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Le dernier stade de la soif

Le dernier stade de la soif

Je reste sur ma soif.
Je suis pourtant une fan inconditionnelle de la collection « Les grands animaux » de la maison d’édition Monsieur Toussaint Louverture. Jusque-là, elle ne m’avait jamais déçue avec des chefs d’œuvre tels que « Les frères K », « La rivière Pourquoi », « Tous les hommes du roi » et « Karoo », dont vous retrouverez les chroniques dans mon historique.

« Le dernier stade de la soif » (publié en 1968) a mal vieilli. Il faut le lire avec un œil d’historien compréhensif pour ne pas s’offusquer de ses allusions masculinistes et racistes. L’époque voulait ça. On est bien contentes que l’époque soit révolue.

Le roman raconte la dérive d’un looser alcoolique. Sardonique, lucide (p52), désabusé, parfois désespéré, le narrateur partage ses échecs, faisant du lecteur l’acteur passif d’une séance d’introspection des Alcooliques Anonymes. Mais le caractère répétitif de ses déboires finit par lasser.

Je ne peux nier l’acuité avec laquelle il dézingue le rêve américain (superbe final p500), cette promesse de richesse et de célébrité, cette chimère qui s’est nourrie du mépris des minorités et d’un matérialisme révoltant dont nous retrouvons l’écho aujourd’hui (« Je voulais tuer ce type de la même façon que je voulais détruire cette Amérique obsédée par sa propre beauté, les anéantir pour leur manque total et infini d’imagination »).

La première partie du livre me questionne. Il y a des pages entières qui rappellent « Vol au-dessus d’un nid de coucou » (publié six ans plus tôt) que j’ai chroniqué récemment. Une impression gênante de déjà-lu. Le passage consacré à son expérience malheureuse dans l’agence de relation publique Manhattan est savoureux même si - l’auteur n’y est pour rien - la série Mad Men nous a durablement imprimé la rétine.

Appréciation : 🌹

 

Le Palais

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