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Choses que je croyais perdues

Choses que je croyais perdues

« Ta mère, on l’enterra dans un Tupperware », s’était esclaffé mon meilleur ami en découvrant les boîtes en plastique qui débordaient des placards de la cuisine. Dans son Tupperware, je déposerai avec soin un exemplaire du dernier roman de Clémentine Mélois.

L’histoire est simplissime : une femme regrette son ex en dissertant devant une rangée de verres à moutarde. C’est ce à quoi m’attendais : un bric-à-brac nostalgique (pages 10, 78, 138) une ode aux objets (qui ont une vie, si, si – p39) parfois resuscités par l’inévitable kintsugi, un catalogue de souvenirs poussiéreux, une tranche d’égo sous cellophane et trop rarement, un cabinet de curiosité malicieux (p81). Le méli-mélo de Mélois.

Clémentine Mélois est davantage une plasticienne qui écrit des livres qu’une romancière douée de ses dix doigts. « Choses que je croyais perdues » est la version littéraire du dernier spectacle d’Alex Lütz. L’humour en moins, le bazar en plus.

La dame a pourtant du talent, quand elle brocarde ses collègues professeurs (p58), qu’elle évoque la manière dont sa mère l’a élevée (p90) ou quelle relate son passage désastreux chez ses beaux-parents potentiels (p111). Je la trouve meilleure dans la satire sociale que dans les vide greniers.

Un patchwork autant qu’un roman, que vous aurez oublié aussi rapidement que vous l’avez lu. Auréolée de sa sortie fracassante de l’Oulipo, la bricoleuse Clémentine Mélois recevra sans doute le prix des deux Magots, au plus grand plaisir du microcosme germanopratin.

Appréciation :🔪

Joseph la nuit

Joseph la nuit