Strega

Strega

Strega, un petit village coincé au fond d‘une vallée. Un hôtel sans clients perdu dans les montagnes. Un improbable gynécée. Un couvent de bonnes sœurs peu dissertes (pléonasme). Une ambiance éthérée, entre mystères avérés et suspicion de consommation excessive de psychotropes. Un récit entre cauchemar et réalité, sans qu’on sache si c’est du lard ou du cochon. Parfois onirique, souvent n’importe quoi. J’entends l’auteure se marrer et dire à haute voix, entre deux calices d’absinthe : « allez hop, cette phrase aussi je l’écris, je les emmerde, j’ai des super pouvoirs, je fais ce que je veux de mon génie ».

Il m’est arrivé de penser que ce livre était une perle, un « ovni » comme on dit, un truc perché entre Stephen King et Edgar Allan Poe. Et puis, mon verre de Vermentino se vidant inexorablement, je me reprenais, redevenais lucide et le constat fusait, sans appel : « mais oui, on dirait un épisode de Scoubidou ! » Dans une version romancée, bien évidemment, tout en retenue et prose bien léchée. D’ailleurs, quand je m’ennuyais en suivant l’énième divagation de la femme de chambre, j’ai eu cette illumination : dans Scoubidou, le coupable déguisé en monstre c’est toujours un promoteur immobilier qui veut chasser les habitants de la clairière pour construire son lot de maisons Kaufman & Broad.

Il est là le problème. Personne ne veut s’installer à Strega. Tout le monde s’en tape. Quant à l’hôtel Olympic, j’ai cru un instant qu’il serait le théâtre de jolies scènes olé-osée à la « Eyes wide shut » - version lesbienne. Que nenni, ni frisson, ni guili. J’ai fini ma bouteille de Vermentino et je ne sais toujours pas pourquoi ces filles sont parties jouer à cache-cache dans ce trou perdu.

Bilan :🌹🔪

Au printemps des monstres

Au printemps des monstres

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