Une affaire de famille

Une affaire de famille

Une famille « à faire ». À propos du livre « une affaire de famille ». Ça commence comme une gentille fable des studios Ghibli et puis, l’air de rien, ça se rapproche d’un Takeshi Kitano (ex: l’été de Kikujiro) pour devenir carrément subversif. Car ce ne sont pas des yakuzas qui commettent des forfaits, ce sont les membres d’une famille recomposée. Une famille recomposée qui décompose le modèle traditionnel de la société japonaise. De la grand-mère aux enfants, on s’arrange comme on peut, on s’accomode de petits larcins, on se débrouille. Le vol n’est pas un crime (le père le justifie ainsi : « le vol à l’étalage? Ce qui est sur un étalage n’appartient encore à personne, donc ce n’est pas du vol »). Le vol et la dissimulation sont érigés en juste cause. Ils assurent la survie, de la petite Juri qu’onna volée, puis gardée, parce que ses parents génétiques la maltraitaient. Mais aussi de Shôta qui serait mort de déshydratation quand il était bébé s’il n’avait pas été extrait de la voiture où il avait été oublié. Dans ce livre, la parentèle de substitution prend le pas sur la parentèle génétique. Les liens familiaux sont effilochés, emmêlés, tissés sur des turpitudes. Et pourtant, ça tient. Les héros redécouvrent l’épaiseur des liens qui les unissent et apprennent à donner un nom (papa, maman, tonton) à leur amour. C’est le sujet central du roman. Seul reproche, le style un peu cinématographique. Normal? L’auteur est réalisateur.

Bilan : 🌹🌹🔪

L'étincelle

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Opium Poppy

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