Blizzard

Blizzard

Un roman choral qui finit en Ok Corral.

J’affectionne les premiers romans écrits par les auteurs de plus de quarante ans. On sent qu’ils ont mûri leur sujet des années durant. Ils sont plus maîtrisés, nourris par l’expérience, portés par le désir d’écrire. C’est le cas de Marie Vingtras qui nous entraîne en Alaska, décor anxiogène d’un drame familial dont on apprend les tenants à chaque nouveau pas dans la neige.

Thomas et sa mère de substitution sont sortis en plein blizzard. L’équivalent d’une condamnation à mort. Des hommes se lancent à leur recherche. Des hommes dont il est difficile de deviner les motivations. L’intérêt du livre réside dans cette ambiguïté permanente, dans le doute qui assaille le lecteur. Tous ces hommes cachés sous la rigueur de l’hiver, quelles fautes ont-ils bien pu commettre ?

Plus la traque s’intensifie et plus l’auteure, par la voix des protagonistes, nous révèle leur véritable identité. Les mailles du filet se resserrent inexorablement. L’indicible et l’inaudible refont surface ; le grand manteau blanc ne peut les faire disparaître. « Quelquefois le poids des secrets est si lourd qu’on ne sait même plus comment s’en débarrasser sauf en disparaissant avec eux » (p177).

Quelqu’un va mourir. Qui et pourquoi ? Jusqu’à la toute fin du roman, le mystère reste entier.

Si le secret de cette famille est tristement classique (mon seul regret), la manière impressionniste dont l’auteure le révèle force l’admiration. 

J’ai hâte de lire son prochain roman.

Bilan :🌹🌹

Rien que le soleil

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Le mépris littéraire

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