Shibumi

Shibumi

Lame et l’âme. À propos de “Shibumi”. Trevanian réussit une prouesse : nous faire aimer un tueur, nous le rendre sympathique et vierge de toutes opprobes. Comment y parvient-il? En le dotant d’une philosophie de vie inspirée de la tradition orientale : le shibumi. Hel (on appréciera le nom), le héros, ne tue pas sans raison mais toutes les raisons sont bonnes pour éliminer un terroriste. On le suit donc depuis sa jeunesse japonaise jusqu’au dénouement, riche en émotions. J’ai particulièrement aimé la période japonaise, un peu moins les long passages consacrés à ses aventures spéléologiques au pays basque (même ennui que dans le dernier Kerangal). Ce qui rend ce roman irrésistible, c’est l’opposition fascinante entre une organisation globale, froide et cynique et la personnalité d’un homme qui perpétue le crime avec élégance et réflexion. On peut seulement reprocher à l’auteur ses considérations caricaturales sur les différentes nationalités et certaines pages, très clichées dans l’amour et la violence, qui n’ont rien à envier à un bon vieux SAS de gare. Un roman qui ne se lâche pas, avec suffisamment de “marqueurs” (le héros, shibumi, le pays basque) pour longtemps imprégner votre mémoire encombrée.

Bilan : 🌹🌹

Ours

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Leurs enfants après eux

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