Humus

Tu es terre et tu retourneras terre.

Comment l’homme a-t-il pu trahir celle qui l’avait enfanté ? Abusant de sa patience, il n’a pu s’empêcher de la meurtrir, au risque de courir à sa perte, dans un scénario digne d’une tragédie grecque.

Arthur et Kevin ont la conviction que l’humanité peut être sauvée – par l’humus. Une rédemption par les vers, ces petits êtres qui oxygènent et régénèrent les sols. Oui mais voilà, les lombrics ont deux inconvénients majeurs : ils aiguisent l’appétit des rats et rebutent la population ophiophobe.

Unis par un même idéal, Arthur et Kevin vont suivre leurs voies, sans jamais se perdre de vue, avant leur improbable réunion au milieu du chaos.
Arthur rêve du Walden de Thoreau et d’un retour à la terre nourricière. C’est un « bifurqueur » persuadé que son salut viendra des champs familiaux.

Kevin est trop stoïque pour rester fidèle à sa noble cause. Son idée de vermicompostage était excellente mais elle exigeait une vertu qui fait défaut aux économies libérales : le respect du temps long.

Gaspar Koenig critique habilement les excès du moment : la dictature écologique (p258 – la crémation, ce n’est pas bon pour le bilan carbone !), l’illusion digitale (p98, 163), la folie méditative (p146), la mascarade du story-telling (p200) ou encore, le caractère incestueux des milieux d’affaire (p334).

Si on peut lui reprocher d’avoir cherché l’exhaustivité, il faut lui reconnaître le talent d’avoir écrit un roman passionnant et instructif à partir d’un sujet - les vers de terre - qui faisait plutôt sourire (se souvenir du projet entrepreneurial soutenu par Bernard Tapie dans les années 80).

Bilan :  🌹🌹

L'enragé

L'enragé

Sarah, Suzanne et l'écrivain

Sarah, Suzanne et l'écrivain