Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?
Je suis ennuyée - dans tous les sens du terme.
Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?
En fait, je m’en fous. Ou du moins c’est le sentiment qui a prévalu au fil de ma lecture. Sur le papier, l’idée de résoudre l’énigme de son amnésie par des procédés dignes d’une enquête policière était intéressante. Avec une nuance de taille et d’importance : c’est la victime présumée qui fait le boulot.
Mais la reconstitution des évènements est le prétexte à l’énième évocation d’un morne quotidien pavillonnaire et d’une blessure familiale que la mémoire n’a pas cicatrisée. Donc, forcément, impression de déjà-lu.
Obnubilée par le rébus de ses souvenirs, hantée par l’ombre qui plane sur les mauvaises habitudes de son grand-père, la narratrice s’ausculte, s’analyse, comme si chacune de ses pensées, jusqu’aux plus intimes, pouvait la mener à la vérité (p76). C’est émouvant (p59, p122), ou franchement exaspérant (p104, p186).
Tout s’emballe page 243. Un épilogue implacable à la « Music Box » de Costa-Gavras peut-être ? Pas exactement. La fin déçoit dans la mesure où elle ne justifie pas 242 pages d’investigations laborieuses (tout ça pour ça ?). Mais elle m’a ravie parce que Lucie Rico a choisi l’auto-dérision et le non-sensationnalisme pour cartographier son malaise.
C’est subtil et ça ne correspondra jamais au cahier des charges de Netflix. Ouf ! J’aurais dû m’en douter, j’avais pour indice l’épigraphe d’Anne Sylvestre.
Appréciation : 🌹




